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Bonjour Jana et JS.
Vous venez juste de présenter une exposition de vos Pochoirs à la librairie le Moniteur de la Cité de l’architecture et du patrimoine de Paris, et vous êtes cette année les artistes invités par l’association les Lézarts de la Bièvre
Dans le même temps vous venez de mettre en ligne un certain nombre de vos travaux sur votre site internet .

Nous avons vu ici une bonne occasion de vous faire parler un peu de votre art, de votre point de vue sur la pratique du pochoir et de nous faire par de vos souhaits et projets.
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-Vous pratiquez essentiellement le pochoir et la sérigraphie.Quelle est selon vous la singularité de ces techniques, leurs intérêts et leurs limites ?
L’intérêt majeur de ces deux techniques est la reproduction et la possibilité de reproduire les images de manière toujours différentes.
Le pochoir est une technique à la base très simple et nous aimons beaucoup le graphisme qu’il offre, le caractère net et précis des traits. Les longs moments de découpe, quasi méditatifs sont aussi à notre sens un des intérêts majeur.
Avec la sérigraphie nous ne sommes pour le moment qu’en phase d’apprentissage et d’expérimentation, mais il nous semble que les possibilitées sont grandes et très intéressantes si l’on considère cette pratique de manière très artisanale.
La principale limite de ces techniques est leur nature fixe. Une fois découpée l’image est figée dans sa taille, sa perspective ou de son cadrage.
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-A quel moment le pochoir devient il, plus qu’un hobby, un medium d’expression artistique ?
Nous n’avons pas spécialement cherché à faire du pochoir de manière très professionnelle. Cela dit nos « métiers » respectifs ne nous ont jamais vraiment satisfaits, et il se trouve que notre déménagement en Autriche, nous a offert (surtout à moi js) du temps pour nous consacrer plus intensément à cette pratique.
-Vos pochoirs sont très « photographiques » ; pas de retouches préalables par ordinateur, reproduction de vos propres photos, travail de cadrage important dans sur vos affiches…
Qu’est ce qui vous plait dans le pochoir que vous n’obtenez pas avec la photographie ?
C’est vrai que nous tendons ces derniers temps à avoir un rendu très réaliste dans nos peintures, pour autant le pochoir nous offre la liberté de peindre les images de manière différente à chaque fois et nous pouvons aussi aborder nos peintures de manière plus libre.
Ce que nous aimons avec le pochoir c’est la maitrise que nous avons des couleurs et de la composition et l´action de peindre au spray avec tous les effets qui sont rendus possible. Avec le pochoir nous maitrisons aussi de manière assez simple toutes les étapes de la création d’une image.
Mais pour nous, ces deux mediums ont une approche assez différente dans la conception des images mais ils sont intimement liés.
Les pochoirs sont évidement plus dépendant de la photo d’autant que nous ne prenons souvent pas les photos dans l’optique d’en faire un pochoir, c’est plutôt au moment ou nous regardons une photo que nous nous disons qu’il serait intéressant d’en faire un pochoir.

-Vous avez longtemps évolués au sein de la « scène » parisienne, que pensez-vous de l’importance qu’y a le pochoir ? Généralement quel est votre point de vue sur la présence croissante du pochoir dans la rue, mais aussi dans les galeries et festivals d’art contemporain ?
Au moment où nous avons quitté Paris il nous semblait qu’il y avait moins de pochoirs dans les rues. Toutefois, il y a une longue tradition du pochoir en France avec des artistes majeurs sur la scène internationale.
Qu’il y ait plus de pochoirs dans la rue, ou dans les galeries n’est pas une chose négative au contraire. Cette pratique mérite à notre sens d’être reconnue. Ce qui importe ce sont les raisons qui amènent les gens à faire des pochoirs et ce qu’ils expriment à travers ceux-ci.
-Quelle est votre opinion sur la marchandisation de certains pochoirs, quels espoirs nourrissez-vous sur l’évolution du « mouvement » ? Peut on d’ailleurs parler de mouvement pochoiriste, percevez vous une unité au sein des artistes du pochoir ?
Que des artistes veuillent vivre de leur travail semble assez légitime. Après on peut se poser des questions sur le fait de faire du pochoir et de l’art en général dans le simple but de gagner de l’argent, et celui d’imposer ses images sur un maximum de support et notamment internet dans cet unique but.
Il existe évidement un mouvement pochoiriste au sein du « street art ». Pour ce qui est d’une certaine unité, nous n’en voyons pas particulièrement sauf quelques petits groupes d’artistes qui travaillent ensemble. Et même si les rassemblements de pochoiristes font toujours venir beaucoup de monde ils ne sont que très rarement l’occasion de travaux véritablement collectifs.

-Vous vivez depuis quelques mois en Autriche, j’aimerais bien connaître l’avis que tu as, Jana, native de Salzbourg sur les pratiques artistiques dans l’espace public en Autriche, et à Paris.
Le street art n’existe pratiquement pas à Salzbourg. En revanche, à Vienne la scène semble beaucoup plus riche et dynamique, et s’il elle n’est pas celle de Paris, j’ai l’impression que les rapports entre les artistes sont beaucoup plus simples.
-Js, tu peignais auparavant en signant Is Bach ; comment ton travail a t-il évolué depuis Is Bach à Madrid à JS en Bavière ?
Mon travail s’est largement enrichi tant au niveau du fond que de la forme. Quand j’ai commencé le pochoir, à Madrid, je n’avais aucune conscience qu’il existait un mouvement et je ne connaissais personne qui peignait dans la rue. Le pochoir m´est apparu comme la meilleure technique d’expression artistique pour sa simplicité et son esthétique.
En rentrant en France et en venant vivre à Paris quelques mois plus tard que j’ai rencontré des pochoiristes et notamment Artiste-ouvrier qui m’a donné de précieux conseils sur la technique de découpe et de peinture des pochoirs.
Parallèlement Jana m’a initié à la photographie argentique. Si nous sommes ensemble depuis que j’ai commencé le pochoir c’est depuis que nous vivons tous les deux que nous réfléchissons ensemble sur notre travail avec pour résultat les productions que nous présentons aujourd´hui.

-Vous faites partie de la WCA, qui est un des rares collectifs de pochoiristes. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce collectif et sur ce que vous apporte cette pratique collective ?
La WCA a été formée en 2005 par Artiste-ouvrier avec 6lex et moi (JS) autour d’une technique commune du pochoir mais plus largement autour d’une philosophie de la pratique du pochoir. Marybel, Anne Pfirsich (qui est désormais plutôt rattaché au collectif ASA de Hambourg) et Jana nous ont rejoints par la suite.
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L’idée du collectif est de partager ou de confronter les univers (très différents) de chacun des membres pour construire des images plus complexes et plus riches. La pratique collective implique également un certain nombre de contraintes (divergence d’opinion, de vision ou simplement incompatibilité des pochoirs à première vue) qu’il est toujours enrichissant de dépasser.
-Comment la société, l’urbain, l’art… vous interpelle t’il ? J’entends par la, que retirez vous de votre expérience quotidienne de la vie en Europe, et que partagez vous avec nous au travers de vos pochoirs ?
La société dans laquelle nous vivons montre de véritables incohérences, et de profondes inégalités. Pour autant, notre travail n’est pas vraiment contestataire, nous livrons simplement un regard sur ce qui nous est proche et nous intéresse, et particulièrement l’urbain et ses mutations.

Merci à vous deux et on espere vous voir bientot à Bruxelles!













