Une tache rouge sur une statue. De la peinture. Un acte de vandalisme croyez-vous ? Un geste puérile dénué de sens ?
Derrière une tache, un tag, un écrit, un dessin ou une peinture peut se cacher une réflexion lourde et un engagement politique certain. Regardons cette belle tache rouge sur le crane, les épaules, et le buste de léopold II, ex roi des belges et propriétaire du Congo. N’est-elle pas légitime? Elle résulte de la l’action de Théophile, un écrivain, artiste et militant dévoué à dénoncer les atrocités du Tiran léopold II. Après avoir écrit et publié un manifeste Théophile décida de représenter le sang qu’a fait couler léopold durant son règne sur sa propre statue située à Bruxelles.
léopold II, Regi Belgarum 1835 – 1909, Patria Memor . Son cheval baisse la tête, il est résigné et docile. Il est le symbole subliminal d’une population belge contemporaine schizophrène qui oublie trop souvent que cet homme en bronze fut souverain dictateur et responsable de la mort de dix millions d’Africains au Congo par villages incendiés, otages affamés, réfugiés terrifiés mourant dans les marécages et ordres d’extermination.
Ce grand barbue s’autoproclama donc propriétaire d’un quart de l’Afrique et ordonna le défrichage de cette région sauvage. Pour chaque cartouche de fusil utilisé, les missionnaires devaient ramener une main coupée. Dés lors il mit en œuvre une exploitation esclavagiste de la récolte du caoutchouc et affirmait sa prétention ainsi : “Je suis d’avis d’ouvrir trois colonies d’enfants… Le but de ces colonies, qui pourront abriter chacune jusqu’à 1500 enfants, est surtout de nous fournir des soldats”. “Les mains coupées, mais c’est idiot!… Je leur couperais bien tout le reste, mais pas les mains. C’est la seule chose dont j’ai besoin au Congo” (léopold II cité par Adam Hoschild dans “Les fantômes du roi léopold” ).
Une tache disions-nous, mais quelle tache ? Une sublime révolte oui, un souvenir qui devait nécessairement resurgir pour rendre au principe du monument amnésique celui du débat public.
J’aime a penser que le graffiti dans toute son envergure représente le monument idéal, éphémère, émanant de l’individu qui signe sa présence au monde, sa pensée en un geste simple et personnel.
Mes hommages à Théophile.
cf :http://www.pressafrique.com/m396.html
(en español)
Una mancha roja sobre una estatua. Pintura. ¿Un acto de vandalismo creen ustedes? ¿Un gesto pueril sin sentido?
Detrás de una mancha, un tag, una escritura, un dibujo o una pintura puede esconderse una reflexión cargada de sentido y un compromiso político certero. Observemos esta bella mancha roja sobre el cráneo, los hombros, y el busto de leopoldo II, ex rey de los belgas y propietario del Congo. ¿No es legítima? Ella resulta de la acción de Théophile, une escritor, artista y militante dedicado a denunciar las atrocidades del Tirano leopoldo. Después de haber escrito y publicado un manifiesto Théophile decidió representar la sangre que leopoldo hizo correr durante su reino sobre su estatua situada en Bruselas.
léopold 2, Regi Belgarum 1835 – 1909, Patria Memor. Su caballo baja la cabeza, está resignado y dócil. Es el símbolo subliminal de una población belga contemporánea esquizofrénica que olvida demasiado seguido que ese hombre de bronce fue soberano dictador y responsable de la muerte de diez millones de africanos en el Congo con pueblos incendiados, rehenes hambrientos, refugiados horrorizados muriendo en las ciénagas y órdenes de exterminación.
Ese barbudo se autoproclamó entonces propietario de una cuarta parte de África y ordenó la roturación de esa región salvaje. Por cada cartucho de fusil utilizado, los misionarios debían volver con una mano cortada. Puso en marcha una explotación esclavista de la cosecha de caucho y afirmaba su pretensión así: “Soy de la opinión de que hay que abrir tres colonias de niños… El objetivo de esas colonias, que podrán contener cada una hasta 1500 niños, es sobre todo el de abastecernos de soldados”. “Las manos cortadas, ¡pero es idiota!… Les cortaría todo el resto pero no las manos. Es lo único que necesito en el Congo” (Adam Hoschild cita a leopoldo II en “Los fantasmas del rey leopoldo”).
Una mancha, decíamos, pero ¿qué mancha? Una subversión sublime sí, un recuerdo que debía necesariamente resurgir para dar al principio de monumento amnésico el de debate público.
Me gusta pensar que el graffiti en toda tu amplitud representa el monumento ideal, efímero, que emanan del individuo que firma su presencia en el mundo, su pensar, en un gesto simple y personal.
Mi respeto a Théophile.
Foto por Gregorio José en Indymedia.be
artículo por Obetre


